Isabelle
Roussel-Gillet

JMG LE CLÉZIO, L’ŒUVRE FÉCONDE
Certitudes, pays et musées imaginaires

Qu’est-ce qu’une écriture de l’incertitude pensée autrement que sous le signe de la perte ? Comment évolue-t-elle selon les contextes de l’ère du soupçon, du roman de la déconstruction, du roman postcolonial à l’ère des témoins et de la diversité ? Comment les écrits de Jean-Marie Le Clézio dialoguent-ils dans un chainage de Deleuze à Glissant, dans la lumière des expériences îliennes ? Et si à l’ère des éclats se substituait celle des entrelacs : alors la fécondité de la Relation, outre l’éloge de la diversité, serait ethos du partage. Partages des mémoires, des lieux et de nos musées intérieurs… hors les murs. L’intertextualité n’est plus alors le lieu commun de l’analyse littéraire mais le commun des livres partagés. Du Procès-verbal (1963) à Histoire du pied et autres fantaisies (2011), JMG Le Clézio engage un jeu avec le lecteur pour qu’il fasse l’expérience de ce partage et d’un monde élargi. Il nous parle des zones invisibles de notre histoire, de notre terre non par bonne conscience, comme il est souvent dit hâtivement, mais pour ne jamais perdre de vue combien nous aliènent notre désir de pouvoir et nos maigres certitudes. Lâcher la posture ou le pouvoir n’est sûrement pas ce que nous enseigne la société marchande actuelle qui fait miroiter le partage d’un imaginaire appauvri à l’aune d’une consommation. Posséder ou non. Piètre vision manichéenne qui peine à sortir d’un prétexte fallacieux : je dois dominer si je ne veux pas qu’on me domine. Soit l’un soit l’autre, c’est dire l’incapacité de sortir d’une dualité mortifère. Une troisième voie qu’emprunte cet écrivain tient à sa puissance de reliance, de connexion (au corps cosmique, à la littérature-monde, au musée-monde…) pour ceux qui acceptent le chemin de L’Inconnu sur la terre. Ce n’est pas être béni-oui-oui que de prendre la mesure et la hauteur du vivant en restant humble. L’horizon de cet héritier réconcilié est l’idéal d’un interculturel qui ne s’offre pas comme le confort d’une idéologie mais comme le lieu d’une réciprocité possible.

Isabelle Roussel-Gillet est maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’Université d’Artois. Commissaire d’expositions, elle accompagne des projets muséographiques. Elle a publié deux livres de vulgarisation sur J.-M.G. Le Clézio et cinq ouvrages collectifs sur ce même écrivain, dont Le Clézio passeur des arts et des cultures, coordonné avec Marina Salles et Thierry Léger aux Presses Universitaires de Rennes (2010) et le N°55 de la revue Roman 20-50 avec Sabrinelle Bedrane sur J.-M.G. Le Clézio nouvelliste (2013).

ISBN : 979-10-94898-03-1
125 x 210 mm
400 pages
25 €

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